Les Frères Huot

   

 

    Les Frères Huot intronisés en 1996        

Bien que l’intronisation au sein du temple de la Renommée ne soit réservée qu’à des individus, l’Association a l’intention de signaler au passage certains groupes, clubs ou événements ayant marqué l’histoire du golf au Québec.

Aujourd’hui nous rendons hommage à la famille Huot.

Dans toute histoire – le golf ne fait pas exception à la règle – il y a de ces noms qui nous reviennent sans cesse à l’esprit tant les exploits rattachés à ceux-ci sont exceptionnels. Au Québec, prenons les frères Huot, dont les carrières ont été un succès.

Le golf ne faisant que débuter au tournant du siècle. Sa popularité ne tenait qu’à un groupe sélect d’hommes d’affaires écossais ou britanniques, lesquels avaient importé le jeu ici au pays. Ces gens étaient financièrement à l’aise et, en 1915, ils décidaient de fonder le Club de golf Royal Québec aux Chutes Montmorency.

Le club était situé face à la résidence de Joséphine (Côté) et Nicolas Huot, les parents d’une famille qui compterait éventuellement 13 enfants, répartis entre huit garçons : Emmanuel (1906), Jules (1908), Maurice (1909), Ulric (1910), Rodolphe (1912), Roland (1913), Benoit (1914), Antonio (Tony) (1922), et cinq filles : Émilienne (1916), Rita (1917), Cécile (1919), Marguerite (1921) et Pauline (1924).

La proximité du club permit aux jeunes garçons d’y dénicher du travail. À tour de rôle, on les retrouva comme cadets au club, chacun contribuant ainsi à alléger le fardeau le fait d’aider la famille leur procurait satisfaction tout en leur permettant, à l’occasion et loin des regards, de se faire la main avec des bâtons.

Le temps passé au club devint donc un loisir et ils purent apprendre le jeu du golf en observant les membres qui, d’ailleurs, devinrent familiers avec eux et les aideraient un jour à entreprendre des carrières dans le golf.

Emmanuel ne fut pas cadet trop longtemps. D’abord intéressé par l’entretien des jardins du club, il s’employa ensuite à tondre les pelouses des membres ou à voir au paysagement de leurs résidences. Il accumula assez d’argent avec le temps pour devenir membre du Royal Québec. Aujourd’hui, il est un des plus vieux membres du Club.

Amateur de classe A, Emmanuel tira son épingle du jeu dans plusieurs tournois locaux et provinciaux, son plus bel exploit étant de remporter le Championnat parent-enfant de l’AGQ. Chacun de ses treize enfants a appris à jouer et sa famille organise depuis 19 années un tournoi annuel qui réunit quatre générations de Huot.

Jules, père de quatre enfants et dont la brillante carrière lui vaut l’intronisation au Temple de la Renommée, fut le plus passionné du golf. Tout jeune il transformait des branches d’arbre en bâtons de golf.

Un des plus célèbres professionnels de la province, Jules commença sa carrière de professionnel un peu par chance. Un jour, alors qu’il se trouvait tout près de la boutique de Frank Locke, il entendit une dispute entre le pro et son assistant. Lorsque l’assistant partit en trombe, Locke demanda à Jules de surveiller la boutique. Cet incident devait mener à un emploi permanent. Même si son salaire était de moitié inférieur à ce qu’il gagnait à la manufacture Dominion Textile, il reçut l’assentiment de son père, décision qui devait lui servir de rampe de lancement à une carrière remplie de succès.

Maurice, qui éleva une famille de sept enfants, fut considéré un des meilleurs amateurs de son époque suite à sa victoire au tournoi Shield du Manoir Richelieu en 1942 – ce tournoi était classé deuxième en importance après le Championnat amateur canadien. Il remporta le Duc de Kent en 1943, de même que plusieurs autres tournois aux clubs Kent et Royal Québec.

Jeune homme, il servit de cadet avant de travailler à la boutique de son frère Jules; il excellait également au hockey. Reconnu comme le policier de son équipe de hockey, il n’est guère surprenant qu’il ait choisi de faire carrière dans le Droit.

Ulric personnifie bien le type de golfeurs des années trente en ce sens qu’il devait travailler de longues heures afin de pouvoir s’adonner à la pratique de son sport.

Père de quatre enfants, il n’a peut-être jamais atteint la renommée de certains de ses aînés, mais cela n’empêcha pas le clan Huot de le considérer comme le meilleur parmi eux sur les verts. Membre à vie du Royal Québec, cet amateur de carrière était reconnu pour ses longs coups de départ de plus de 300 verges.

Rodolphe, qui décéda en 1980 à l’âge de 69 ans, fit sa marque dans le monde du golf professionnel dans les années 40 aux côtés de ses frères Jules et Roland.

Il travailla comme assistant au Kent Golf Links de 1934 à 1937 et au Royal Québec de 1937 à 1944. Il passa ensuite au club Tadoussac avant de devenir le professionnel en titre au Royal Québec. En 1968, après trente années en poste, il se retira au profit de Rodrigue, un de ses huit enfants.

Ses titres incluent : finaliste au Championnat des assistants professionnels de l’Est du Canada en 1936 et vainqueur en 1938; champion au Championnat des golfeurs professionnels du Canada en 1947; gagnant de l’Omnium des Maritimes en 1947; trois fois gagnant de l’Omnium de Lachute (1966, 1969 et 1971); gagnant du trophée Lévis et de l’Omnium Rawdon; deux secondes positions à l’Omnium du Québec; finaliste au trophée Millar en 1948; président de l’Association des golfeurs professionnels du Canada (1972 – 1973).

Roland, le troisième des frères à joindre le rang des professionnels, commença à titre d’assistant de Jules au club Kent (1930- 1934). Il oeuvra aussi aux endroits suivants : Lingan Golf Club ;a Sydney en Nouvelle-Écosse (1937-1941), Chaudière (1942), Summerlea (1943-1945), Moncton Golf Club (1946-1947), avant d’aboutir au club de golf Lorette en 1948. Il travailla pendant 29 années à ce club où il fut toujours au service de ses membres et où il participa à la construction du deuxième neuf trous.

Ses exploits sont nombreux : deuxième position derrière son frère Jules au Championnat des golfeurs professionnels du Canada en 1939; gagnant de l’Omnium des Maritimes en 1935 et 1936; champion de la Nouvelle-Écosse en 1936; gagnant de l’Omnium Sorel en 1955; troisième position à l’Omnium Labatt de 1953.

Benoit, sa carrière se termina avant même de commencer lorsqu’il perdit l’usage d’une jambe à l’âge de quinze ans comme suite à un accident de bicyclette. Mais, courageux, il pratique son sport malgré sa déficience physique.

Ce père de quatre enfants a peut-être vu sa conquête de titres provinciaux être interrompue, mais sa détermination lui valut l’admiration de tous. Il a maintes fois étonné ses pairs en vainquant des joueurs de calibre supérieur. Benoit a également remporté plusieurs événements au Royal Québec.

Tony, le benjamin du groupe, fit à la fois carrière chez les amateurs et les professionnels. Il remporta le Duc de Kent à deux reprises en 1946 et 1947, le Championnat par trou de la ville et du district la même année, ainsi que le Championnat Orléans en 1954, cette fois en tant que professionnel.

Il s’arrêta au fil des ans au club de golf Lévis (1949-1953), à Orléans (1953-1961), Lac Beauport (1962-1972), Baie-Comeau (1973-1982), avant de retourner à Lévis en 1983 jusqu’à l’âge de la retraite.

Cette extraordinaire famille Huot a donc marqué le golf québécois de façon significative. Grâce à leur détermination et leur amour du jeu, les Huot ont inspiré nombre de golfeurs au fil des ans et contribué à la popularité du golf partout en province.

 

Membres intronisés au Temple de la renommée du golf du Québec

Pierre Archambault (1944 - ) intronisé en 2017

Gordon Baxter Taylor (1909 – 1999) intronisé en 1996
Adrien Bigras (1938 - ) intronisé en 2005
Jack Bissegger (1932-2009) intronisé en 2019
Jocelyne Bourassa (1947 -) intronisée en 1996
Mario Brisebois (1953 -) intronisé en 2018
Graham Cooke (1946 -) intronisé en 2008
Judy Darling-Evans (1937 -) intronisée en 1998
Pat Fletcher (1916 – 1985) intronisé en 1998
André Gagné (1944 - ) intronisé en 2016
Damien Gauthier (1913 – 1999) intronisé en 2000
Christopher Howard Gribbin (1921 – 2012) intronisé en 1996
Mary Ann Hayward (1960 - ) intronisée en 2011
Stanley Horne (1912 – 1995) intronisé en 1996
Jules Huot (1908 – 1999) intronisé en 1996
Les huit frères Huot - intronisés en 1996
Karl Kaspar Keffer (1882-1955) - intronisé en 2016
Bill Kerr Sr. (1911 – 1997) intronisé en 1997
Albert Henri Murray (1887 - 1974) intronisé en 1996
Charles Richard Murray (1882 – 1939) intronisé en 1996
Jacques Nols (1945 - ) intronisé en 2012
Debbie Savoy Morel (1953 -...) intronisée en 2017
Daniel Talbot (1953-…) intronisé en 2019
Robert "Bob" Vokey (1939 - ) - intronisé en 2017